Boire ou conduire
mai 15, 2008Le tout, c’est de pisser à temps.

Connaissez-vous le dilemme du prisonnier ? C’est une illustration assez célèbre de la théorie des jeux, qui elle-même a pour objet de modéliser les choix d’individus dans une situation d’antagonisme et de rechercher les stratégies optimales. Pourquoi tel choix plutôt que tel autre, notamment dans un contexte non coopératif, où les intérêts des participants sont potentiellement divergents.
L’illustration la plus célèbre de cette théorie, pour en revenir à nos moutons, est le dilemme du prisonnier. Soit l’hypothèse suivante : deux prisonniers, complices d’un même crime, sont détenus et interrogés dans des cellules séparées, et ne peuvent donc communiquer. Tout ce qu’ils savent, c’est que :
Le dilemme du prisonnier consiste donc, dans un contexte non itératif, à choisir la meilleure stratégie tout en ne connaissant pas celle de son complice. S’il avoue, il peut bénéficier soit d’une remise en liberté en sacrifiant son complice qui n’aurait pas avoué, soit d’une peine moyenne si son complice avoue. S’il n’avoue pas, il peut soit écoper d’une peine minime, soit de la peine maximum. Toute la question est de savoir dans quelle mesure chacun des prisonniers privilégiera son intérêt propre ou envisagera l’intérêt commun, tout en faisant (ou ne faisant pas) confiance à son complice. Notons au passage que le juge n’a aucun rôle et que le résultat ne dépend que des choix respectifs des prisonniers.
Un équilibre sera susceptible d’apparaître dans une situation de réitération (dilemme itératif). La situation unique devrait voir mathématiquement l’attitude égoïste l’emporter. Mais, les règles ci-dessus une fois connues, et chacun des criminels connaissant la manière de minimiser son risque de sanction, un comportement type finira par s’imposer (en l’occurence le silence, puisque le silence partagé ne donne lieu qu’à une faible sanction). L’altruisme consistant à ne pas vendre votre complice sera dicté par l’égoïsme consistant à ne pas souhaiter voir son complice vous balancer.
A ce titre, le parallèle avec le régime démocratique, dans un contexte de bipartisme, me paraît plus qu’intéressant : saisissant.
Soit un pays gouverné par deux partis élus par le peuple. Chacun des partis est dans la situation de l’un des prisonniers, et le peuple joue le rôle du juge. Chaque parti, à l’occasion d’une élection, fait valoir au peuple-juge des arguments en sa faveur ainsi que des arguments contre son adversaire. Toute la question est de savoir dans quelle mesure il peut accuser et attaquer son adversaire sans se mettre lui-même en danger.
Reprenons les hypothèses exposées ci-dessus :
Très concrètement, deux comportements sont modélisables : un comportement agressif et un comportement conciliant.
Le caractère réitératif de l’élection-jugement a amené les partis à connaître leur intérêt. Qui est de ne pas trop risquer, de conserver les institutions afin d’avoir la certitude d’un retour au pouvoir. En d’autres terme, la troisième option (absence d’attaque fondamentale) sera systématiquement retenue, donc le second comportement (passivité et absence de débat fondamental), systématiquement adopté.
Les débats et affrontements politiques, dans le contexte de la démocratie parlementaire, apparaissent ainsi comme une façade, un masque, destiné à masquer l’essentiel, c’est-à-dire l’intérêt commun des partis politiques pour le maintien d’une situation qui les fait vivre moyennant un coût qu’ils sont prêts à accepter. L’intérêt du peuple-juge est inexistant.
Un élément serait toutefois de nature à fausser le dilemme itératif du parlementaire : celui précisément du caractère itératif. La différence entre le dilemme classique et le dilemme itératif réside dans la mémoire qu’ont les uns et les autres des évènements passés et des comportements optimums établissant un comportement altruiste (qui est donc aussi égoïste). L’intervention réitérée et constante des médias et la très courte mémoire des hommes de plume (blogueurs exclus) rend la lecture des évènements plus difficilement modélisable.
Notons ici également que le rôle du juge (le peuple) est neutre, dans le sens où il ne dispose d’aucun autre choix que d’élire un parti ou un autre, sans pouvoir en faire intervenir un troisième ni imposer un autre critère de choix. Dans un contexte politique et démocratique, cela implique que la volonté propre du peuple n’a, en soi, strictement aucune importance : le tout est, pour les partis politiques, de savoir utiliser son choix dans leur intérêt.
Churchill aurait dit que la démocratie était le meilleur des régimes à l’exception de tous les autres. C’est vrai. Pour les politiciens.
Nadine Morano n’en rate décidément pas une. Spécialement dans le registre du flicage des petits détails de la vie quotidienne.
Nadine Morano, la secrétaire d’Etat à la Famille, reçoit aujourd’hui les neuf fournisseurs d’accès à Internet de l’Hexagone avec la ferme intention de les persuader qu’il est possible de mieux filtrer les sites pédopornographiques en les bloquant à la source, comme le font les Anglais.
« Il nous faudrait, en France, une structure qui incarne cette bataille » estime Nadine Morano, dont c’était le premier déplacement à l’étranger. « Je ne suis pas pour multiplier les instances, mais on pourrait élargir les compétences du CSA par exemple, ou regrouper des services existants, mieux les faire travailler ensemble… »
Source : le Pourrisien.
Finalement, qu’est-ce qui anime ces gens, sinon une peur bleue des débordements auxquels peut donner lieu notre liberté individuelle, donc une sincère haine de l’humanité ?
“Dans mon pays, au Sénégal”, dit le secrétaire d’Etat français aux conversations mondaines. L’ouverture poussée à ses extrêmes confins. Hortefeux a-t-il d’ailleurs vérifié que Rama a bien ses papiers ?
Les camarades d’Ilys avaient soutenu Bidou, le candidat doux. Moi, je soutiens Rama, la ministre “d’où ?”.
Le Monde rapporte que le dernier rapport de l’Observatoire National de la Délinquance tente d’établir une typologie des violences commises à Paris.
En épluchant 1 623 procédures de police établies entre mars et mai 2006 à Paris, l’Observatoire national de la délinquance (OND) s’est efforcé, dans une étude rendue publique mercredi 14 mai, de dresser une typologie de ces violences non crapuleuses – c’est-à-dire commises sans motif de vol –, subies par plus de 2 000 victimes.
Un outil statistique, donc.
Premier constat : dans 38 % des cas, ces violences surviennent dans la rue entre personnes qui n’ont aucun lien entre elles. Viennent ensuite, dans 35,5 % des situations examinées, les violences familiales ou intrarelationnelles. Troisième catégorie (26 %) : les conflits dans le cadre professionnel, où sont ici rangés les interpellations et les contrôles d’identité mouvementés opérés par les fonctionnaires de police.
Puis surviennent les exemples, les anecdotes, les illustrations. Comme c’est intéressant.
Sauf que l’essentiel n’est pas dit. Que l’essentiel de cette délinquance violente est le fait de populations clairement identifiables. Qu’il suffit d’ailleurs d’assister à une audience correctionnelle au tribunal de Paris pour bien s’en rendre compte. Qu’a fortiori, une visite à la Santé ou à Fresnes vous le confirmera.
Cela, chacun s’en doute (pour ceux - la plupart - qui n’ont pas l’expérience de la correctionnelle) ou le sait (pour les autres). Chacun sait aussi qu’il est interdit de le dire ou de l’écrire. Les statistiques (qui ne font que refléter les tendances de la réalité) sont discriminatoires. La réalité elle-même est une provocation à l’abominable.
La liberté de la presse, aujourd’hui et sous nos latitudes, consiste bien souvent à tout dire, en occultant systématiquement l’essentiel. Nous vivons sans respirer.
«L’idée de base est que, si la gauche peine à produire des idées, c’est parce qu’il n’y a pas de lieu pour le faire», affirme le président de Terra Nova, Olivier Ferrand, 38 ans, proche de Dominique Strauss-Kahn et élu PS. Selon un communiqué publié lundi, l’objet de Terra Nova consiste à «produire et diffuser des propositions de politiques publiques» progressistes, dans une démarche «fédératrice».
L’idée de base est que, si la droite peine à produire des idées, c’est parce qu’il n’y a plus de droite et que ceux qui croient y être n’ont pas d’idée, ou alors, ils les piquent à la gauche. C’est pourquoi il devient urgent pour cette dernière d’inventer de nouvelles inepties à faire, car, dans quatre ans, Tom Pouce n’en aura pas laissé une…
La droite molle d’hier ne revenait pas sur les bêtises de la gauche, la “droite” décomplexée d’aujourd’hui les fait à sa place. Beau progrès!
Dans Challenge:
“Je pense que ce n’est pas foutu. Il n’y a pas de fatalité. Je dois montrer l’exemple en allant chercher le point de croissance” qui manque à la France.
Parfois on se sent au bord du gouffre.
Mais à quel niveau d’abjection sommes-nous descendus pour avoir un président suffisamment stupide ou sûr de notre bêtise pour nous dire: “ce n’est pas foutu [je vais] chercher le point de croissance”. Il va le chercher? Et où cela se trouve-t-il donc, un point de croissance? Faut-il aller en province? Tâter le cul des ouvrières comme l’autre celui des vaches? Faut-il s’astiquer les “trois manettes”? Comment en est-on arrivé là? Qu’avons-nous fait pour mériter cela? Quand les Juifs déconnaient avec Dieu, Il leur envoyait les Perses, nous, c’est Kim-Il-sous-la-Table, c’est dire si nous sommes abandonnés de Lui…
Et puis, ce “ce n’est pas foutu” qui voudrait sentir le volontarisme genre France qui se lève tôt et qui se relève les manches, n’est-il pas la marque d’une insondable démagogie accompagnée d’une pauvreté effrayante de vocabulaire? Est-ce là la voix de la France? Celle d’un roquet qui aboit un “ce n’est pas foutu” en allant chercher un point de croissance comme il le ferait d’un os à ronger à remuant sa queue coupée de caniche de Neuilly?
TF1:
Une information judiciaire pour homicide involontaire a été ouverte mardi sur le décès vendredi d’un homme lors de son transfert au commissariat à Grasse.
Le parquet de Tunis a lui aussi ouvert une enquête. Certains témoins ont mis en cause la police dans la mort du jeune interpellé. Le corps du jeune homme a été autopsié mardi, mais les résultats ne sont pas décisifs.
Que l’on fasse une enquête en France me semble parfaitement admissible, juste et nécessaire: il n’y a pas de raisons particulières de croire un flic plutôt qu’une racaille, surtout si la racaillitude supposée n’est affirmée que par ledit flic, mais qu’une crapulerie barbaresque, qui a autant de respect pour les libertés individuelles que n’importe laquelle des crapuleries voisines, c’est-à-dire aucun, nous vienne faire la leçon et qu’on le souffre sans mots dire, voilà qui ne laisse pas de me surprendre. Mais il me faut m’habituer: le taillage de pipes est devenu, dans ce pays, la nouvelle forme de relation à l’Autre.
Oui. Mais pas de l’UMP, dont les élus, désertant les augustes bancs publics, se retrouvent en minorité et donnent le pouvoir à l’opposition minoritaire, devenue majoritaire.
Coup de théâtre au Palais-Bourbon. Les députés ont adopté mardi après-midi une question préalable déposée par le Parti communiste sur le projet de loi sur les OGM, signifiant le rejet du texte en deuxième lecture.
La motion de procédure a été adoptée par 136 voix contre 135 lors d’un vote solennel, en raison d’une présence insuffisante des députés UMP dans l’hémicycle et de l’abstention de deux membres de la majorité.
Sur les 316 membres du groupe UMP, seulement 130 étaient présents au moment du vote. Un député UMP, François Vannson, et le Nouveau centre François Rochebloine se sont abstenus. Les 136 députés socialistes, communistes et Verts présents ont voté la question préalable.
Et c’est cette race-là qui veut nous donner des leçons de civisme et qui envisage de modifier la constitution pour renforcer le rôle du parlement. A ce rythme il serait plus efficace de transformer l’assemblée nationale en centre de rétention. Il paraît que les autres sont saturés.
Les campagnes de prévention ne suffisent pas à convaincre la population des dangers de la baignade.
Ah, cons de Français qui veulent boire, bouffer, baiser et maintenant se baigner sans se soucier des terribles conséquences et surtout, surtout, oh! oui, surtout, sans écouter les consignes et les mots d’ordre de l’Etat. Mais l’Etat est bon et magnanime et il veillera, malgré tout, sur eux et sur leur santé même si, pour cela, il faut faire d’eux des poulets de batterie ou des agneaux marchant et bêlant sur le chemin de l’abattoir (abattoir aux normes CEE, on n’est pas des barbares).
Le nombre des noyades accidentelles est toujours aussi élevé en France, selon une enquête de l’Institut de veille sanitaire (InVS) publiée aujourd’hui. Entre le 1er juin et le 30 septembre 2006, dernière période observée, 1 207 noyades, dont 401 mortelles, ont été constatées.
Trois noyades sur quatre ne sont pas mortelles. Il y a donc des noyades sans noyé. Faisons monter les chiffres et comptons chaque douche comme une noyade sans morts.
Ce nombre s’élevait à 1 163 en 2004 (368 décès) et à 1 154 (435 décès) en 2003. Les moins de 6 ans sont victimes de 15 % des noyades alors qu’ils ne représentent que 8 % de la population.
Réfléchissons un instant. Pas plus, surtout, on est en France. Mais, n’est-ce pas, en quelque sorte, normal? N’est-il pas concevable pour l’anonyme crétin de 20 Minutes (c’est le temps qu’il a dû mettre pour pondre son papier en comptant la pause café) qu’il y a des explications très logiques à cela et que rien d’acceptable ne pourra jamais y être fait par l’Etat? Non, j’en doute, l’évidence de la toute-puissance d’un Etat bienveillant, forcément bienveillant, est devenue le noyau de toute réflexion “politique” dans ce pauvre pays. Et bien qu’il en soit ainsi, abolissons la mer, encageons les piscines, déclarons les baignoires crime contre l’humanité, clamons haut et fort que les douches qui sont bien des douches sont aussi dangereuses que celles qui n’en étaient pas et, surtout, augmentons le nombre des Grands Frères à flotteurs pour Paris Plage…